PRATIQUES ATTENTIONNELLES

Les pratiques attentionnelles sont des micro-propositions qui structurent et aménagent les temporalités en trop plein d’usage pour faire apparaître un nouveau rapport au temps et produire une coupure dans le flux des habitudes.

 

Il s’agit assis ou non, de rester sans rien faire, sans rien chercher de particulier, sans rien attendre et sans rien espérer. La résultante de ce geste voué à l’exercice du rien est la mise en place d’un rapport d’expérience réelle et immédiate avec le temps. Son déclenchement est totalement lié à une disponibilité volontaire, à une libre exécution introduisant une réactivité au temps, une présence.

 

Le simple fait d’être arrêté, d’observer, change la nature du temps. Les conditions dans lesquelles il est montré ou celles dans lesquelles il est contemplé, modifient-elles aussi, la façon dont il est perçu. Nous laissons ainsi advenir le réel qui nous environne dans l’instant présent et dans l’élan de notre perception. Parce que le temps est tout autant le produit d’une situation que l’effet que l’on peut avoir de celle-ci. Parce que le temps existe en dehors de toute occupation, le geste artistique ne se base plus ici sur une production, mais sur une forme d’être. 

 

 

Photographie documentaire, 2014
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Photographie documentaire, 2014

OEUVRER LE TEMPS

Il s’agit ici de regarder les oeuvres comme la possibilité de l’expérience d’un temps, laissant l’effet se répandre et se propager, à la manière d’une respiration, d’une cadence, d’un tempo.

 

J’aime cette expérience d’un temps nous demandant de ralentir notre course, voire de nous immobiliser et de faire appel à nos ressentis pour reconsidérer notre perception, écouter le silence, considérer le vide, se défaire des lieux communs, des pensées toutes faites pour accueillir ce temps suspendu, l’expérience du regard haptique à l’épreuve du temps.

 

J’aspire par le dépouillement des moyens utilisés à interroger notre schéma de perception pour revenir à une expérience essentielle du temps, non dans sa quantité, mais dans sa qualité.

 

C’est relancer notre rapport au monde, par une sollicitation imperceptible et néanmoins active de nous-mêmes. Qu’importe le temps passé, pourvu que l’oeuvre se charge de ressentis et forge de puissantes révélations. On imagine ce qu’il reste à faire, dans ce temps-là qui nous attends, dans un temps ouvert à la conscience que l’on a de soi-même et de ce qui nous

entoure.

carol cultot. Villers le Vaste, le 8 octobre 2015 (extrait)

 

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Papier solarisé, 2020
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